Bijour bonjour.

Vous êtes ici sur ma toute première fiction. Celle que j'ai commencé à écrire sur un coup de tête, qui m'a fait voyager pendant les quelques mois que j'ai passé à l'écrire, et je l'ai terminée avec une nostalgie mêlée de soulagement. J'en avais terminé avec eux, mais ils me manquaient déjà, alors que la dernière ligne n'était pas encore écrite. Aujourd'ui encore, ils me manquent, même si je suis passée à autre chose.
Alors c'est avec joie que j'encourage ceux le désirant de se plonger dans la lecture, et, qu'ils aiment ou non, je leur demande de me laisser leur avis, sous forme d'un commentaire, afin que je puisse juger des améliorations à apporter, ou que, le cas échéant, je puisse avoir un sourire gêné devant un éventuel plaisir à lire. J'ai écrit pour moi, surtout, mais j'ai décidé de poster ces textes sur Internet pour faire partager de sentiment de plaisir à qui voudra.
Et, si je réussis, alors j'en suis heureuse :)


Bonne lecture !


N.B. du 12 Novembre : R.I.P. Pierre Bottero, on espère que ton Imagination sans limites te soutirera encore du bonheur là-haut :)

# Online seit Donnerstag, 12. November, 2009 um 14:29

Chapitre 1

Chapitre 1
Le vent dans les yeux. Un éclat de rire lointain, un écho qui fait frémir les oreilles. Un mouvement doré et flou qui embrume les sens. La sensation de flottement. _____________ Tout est vague, frétillant et respire l'épanouissement. Tout est si loin ...

Elle se réveille lentement. Les tambourins qui jouent sans fin sous ses cheveux châtains amènent sa main sur son front. Tout était si doré ...
____________ Mais, encore une fois, ça n'était plus qu'un souvenir.
Un pied frôle le sol mou. Ou se trouve t'elle ? Ah. La mémoire qui recommence. Mais comme ça peut être utile parfois ...
Ses doigts de pied se crispent, en guise d'étirement sommaire. Elle se lève doucement, le mal de tête la maintient dans une torpeur dont elle désire plus que tout se débarrasser. Elle n'aime pas cette sensation, celle de ne plus savoir qui l'on est et de ne plus être simplement capable de réfléchir. ___________ Une aspirine. Direction salle de bain.
Quoique, si ça pouvait encore une fois empêcher les souvenirs de remonter à elle ... Ne pas y penser, non, pas maintenant. Ses pieds savourent le contact doux et chaleureux de la moquette. Elle se rappelle qu'il lui faut faire un ou deux sacs rapidement dans la matinée. Le départ est proche, elle le réalise maintenant. Le mal de tête se dissipe avec le cachet magique, c'est l'affaire de deux gorgées.
Un bol préparé à l'avance l'attends dans le salon, comme prévu. Les yeux presque clos, elle avance dans cette maison qu'elle connaît si bien et ses doigts tâtonnent à peine pour trouver l'interrupteur. Aïe. La lumière est encore trop forte pour ses yeux engourdis.
Volontairement aveugle, elle avale les céréales qu'elle déteste - les seules que Natty acceptait d'acheter - sans trop grimacer et file dans sa chambre pour enfiler quelques vêtements propres. La douche attendra l'arrivée, après tout, l'oncle a bien ça quelque part dans sa fichue ferme. Quelle idée, pense t'elle pendant que sa tête se faufile maladroitement dans la manche gauche de son pull, de m'envoyer là bas. "Comme si l'air frais et le fumier étaient ce dont j'avais besoin pour me changer les idées".
Mais en vérité, elle sait qu'elle a besoin de quitter cette maison, ce milieu, cette ville
(Cette vie)
Et espère que peut être les souvenirs si difficiles à enterrer y resteraient, enfouis à jamais et oubliés de tous, et qu'elle pourrait partir en paix, pour un nouveau départ.

____________ Mais c'était comme son rêve, illusion et utopie. Le violent fantasme de partir loin de tout - et vite - la hantait jusque dans ses nuits.

Une voix féminine grimpa les escaliers en grinçant.
- Elvire ?
- Oui ?
- Prête ?
- Prête. Dans une seconde, promis.
- Dépêche toi, soupira la voix, on te l'avais dit qu'il fallait que tu mettes ton réveil un peu plus tôt.
- Oui, Natty.
Mais elle ne l'avais pas mis du tout, ce réveil. Sa mémoire se chargeait elle-même de la tirer du sommeil, toujours à la même heure. Les mêmes images, les mêmes son cristallins ... bref. __________ Inlassablement.
Peut être qu'elle voulait le rater, cet avion, se surprit t'elle à penser alors qu'elle jetait quelques vêtements en vrac dans une valise de voyage. Pourtant, c'était sa porte de sortie. Temporaire, certes, et peu fiable quand à l'efficacité de la destination, mais pour le moment elle représentait sa seule option. Elle ne pouvait tout simplement pas refuser. Ç'aurait été une condamnation intérieure - et stupide de surcroît -, il aurait fallu qu'elle trouve un autre moyen de s'évader de ce quotidien oppressant et si lourd de souvenirs. Et elle n'avait franchement aucune autre idée qui fut raisonnablement réalisable. Ce n'était pourtant pas faute d'avoir cherché.

- Donne moi tes valises, petite maligne. Tu crois que tu vas avoir toujours quelqu'un pour t'aider à porter cette masse de vêtements et de maquillage ? Lança Richard avec un sourire, en bas de l'escalier.
- L'oncle va bien pouvoir faire ça pour moi, répondit froidement Elvire, qui peinait sous l'effort.
Le visage de son logeur (comme elle l'appelait pour parler de lui à l'extérieur) se crispa. Il n'aimait pas cette façon de voir les choses; Elle le savait et s'en fichait. Il devait bien avoir remarqué que depuis quelques temps elle pouvait devenir légèrement irritable.

Le trajet en voiture jusqu'à l'aéroport se fit dans un silence un peu lourd pour tout les deux. La radio ne marchait plus depuis qu'un des gamins que gardait Natty pour arrondir ses fins de mois s'était allègrement amusé avec les boutons. Le visage collé à la fenêtre, rebondissant nerveusement lorsque la voiture traversait une dépression, Elvire essayait de s'imaginer avec morosité à quoi pouvait ressembler cet oncle qu'elle n'avait jamais vu. Et surtout cette ferme dont Natty et Richard avaient tenté de lui expliquer le quotidien. Selon ses souvenirs, basés sur ce qu'elle avait bien voulu entendre de leur discussion, il s'agissait plutôt d'une sorte d'élevage de chevaux et de vaches. Ils avaient vaguement parlé d'un rôle que la ferme de cet oncle - apparemment nommé Jack - avait dans la tradition locale, un type de festival fermier. Chouette, pensa-t-elle avec sarcasme. 'Manquait plus que ça. Elle tâcherait d'avoir la réponse à cette question plus tard, car elle se refusait à la poser à Richard. Elle se mit à penser que d'après son prénom, l'oncle devait avoir une quelconque origine américaine, ou du moins un arrière goût anglais. Elle se demanda avec une grimace si il portait un chapeau de cow-boy et parlait avec l'accent d'une vache espagnole.

Lorsqu'ils arrivèrent au petit aéroport de province, Elvire respira ce qui devait être sa dernière goulée d'air de ce lieu si familier avant bien longtemps, mais elle ne le savait pas encore. Rien que de penser à son retour, qu'elle croyait dans quelques jours, son ventre se tordit étrangement et elle secoua la tête. « C'est vrai qu'il vaut mieux ça que rien ». Elle dit au revoir à Richard avec toute l'affection qu'elle pouvait mettre en ce moment, c'est-à-dire peu de choses. Celui-ci ne lui en voulait pas. Ils avaient vécu beaucoup de moments mémorables - en bien ou en mal - ensemble et il n'allait pas s'offusquer pour si peu; après tout, il la connaissait.
- Aller, profite bien. Ne te lève pas trop tard ...
- Comme si c'était dans mes habitudes.
- Mange de tout ...
- C'est pas un problème, tu sais bien.
- Et soit gentille. Il a tout de suite proposé de t'emmener chez lui, tu sais. Ça lui paraissait naturel. Il est certain que tu va aller un peu mieux car il a un sacré programme à te proposer, dit Richard avec un sourire en coin.
Elvire fut interloquée.
- Comment ça ? Il ne va pas me faire traire les vaches, non plus ?
- Râleuse. Je ne te dit rien, ça va te gâcher le plaisir, lança-t-il avec un clin d'½il. Allez, saute dans l'avion et essaye de te mettre dans le crâne que, peut être, tu vas passer des bonnes vacances. Je sais que c'est difficile, reprit t'il avec plus de sérieux. Mais c'est malheureusement tout ce qu'on a à te proposer pour l'instant. Tu sais que plus tard ...
- On sera mieux organisés, oui, je sais.
Il sourit avec affection. Il lui déposa un léger baiser sur la joue, lui fit le sourire contrit de celui qui savait qu'il devait dire au revoir à sa protégée, mais qui avait du mal à la voir partir seule. Cependant, c'est amusé qu'il la regarda partir laborieusement, ses trois valises en équilibre précaire sur un chariot à moitié bancal. Il soupira et remonta en voiture.
« J'espère qu'il sait à quoi s'attendre », se dit il en démarrant.








J'ai commencé une nouvelle fiction, celle ci étant maintenant terminée. Si vous voulez y passer pour découvrir ce sur quoi j'écris à présent, cliquez ici et laissez vous aller à la lecture ... et donner un avis constructif pour m'aider dans la suite, merci d'avance ! :]

De plus, je profite de cette parenthèse dans mon histoire pour demander un petit service aux lecteurs potentiels : Que vous aimiez ou non cette histoire, j'aimerais beaucoup que vous me laissiez votre avis, sous forme d'un simple mot ou d'une dissertation en trois parties avec intro et conclusion dans un commentaire par ci ou par là. Parce que si cette histoire est ici, sous vos yeux, c'est justement pour la faire découvrir et la faire vivre aux gens qui la lisent :) Donc merci d'avance, et bonne lecture :D

# Online seit Montag, 04. August, 2008 um 09:57

Geändert am Montag, 19. Oktober, 2009 um 13:42

Chapitre 2

Chapitre 2
Le vol s'accompagna d'un fort sentiment de malaise. Les sourires crispés des hôtesses, les secousses de l'avion et littéralement l'air glacé sortant des bouches de ventilation lui donnèrent des frissons dans le dos. Les souvenirs étaient trop frais encore pour lui permettre de relativiser. Elle ne pu fermer les yeux pendant les longues heures de trajet et guettait avec appréhension la moindre annonce sortant de l'ordinaire ou la plus petite secousse anormale. Mais le terrible accent asiatique du pilote la laissait dans l'expectative à chaque mot; elle ne pouvait vérifier si la nouvelle était mauvaise qu'en scrutant le visage fermé de ses voisins. Elle n'arrivait à rien avaler; elle avait faim, soif, et pourtant rien ne voulait toucher ses lèvres. Son corps se refusait à absorber ce dont il crevait d'envie, par pure superstition. Elle tremblait presque; il lui semblait que le voyage durait une éternité.

Pourtant, une fois arrivée sans encombres, dans ce nouveau paysage, elle se senti libérée, bien que faible. Soudain prise d'une envie de rire, elle fut heureuse de constater qu'effectivement, poser le pied sur un territoire inconnu lui procurait déjà le plus grand bien. Elle ne sentait plus la faim qui l'avait tiraillée pendant si longtemps, et son corps lui paraissait d'une légèreté improbable. Maintenant, elle guettait la voiture qui devrait arriver sous peu. Elle se sentait impatiente, quelque chose de joyeux l'animait. Elle serait de bonne humeur, quoiqu'il arrive; elle était décidée à aller mieux, et à le montrer à ceux qui lui avaient permis de ressentir ce bonheur simple et éphémère.
Cependant, après une heure sous la pluie, l'estomac gargouillant et grognant, son moral en pris un coup. Que faisait-il ? L'avait-il oubliée ? Sa résolution à montrer sa bonne humeur commençait à se dissiper. L'énervement repris le dessus. Non mais pour qui se prenait t'il ? Il avait pris la responsabilité de l'accueillir, il pourrait au moins respecter ses engagements. Elle frappa une motte de terre d'un pied rageur, et retourna à l'intérieur du minuscule aéroport. Tant pis s'il devait la chercher un peu. Il n'avait qu'à être à l'heure.

Elle commençait à feuilleter les pages d'un magasine annonçant la naissance des bébés d'une quelconque star hollywoodienne, lorsqu'un klaxon strident lui fit lever la tête. Des bras bronzés s'agitaient de la fenêtre d'un pick-up rouge, garé à la va vite devant la porte de sortie. Elvire saisit ses sacs maladroitement et marcha le plus rapidement possible pour aller à la rencontre de cet inconnu. _______________ Mais, une fois dehors, elle eu une seconde d'hésitation. L'homme tout sourire qui venait de descendre du véhicule était en jeans, portait une chemise à carreaux et un chapeau de paille. Et surtout, son pick-up n'avait pas de coffre.
- Je met où, mes valises ? Demanda t'elle en couvrant le bruit de la pluie.
- Donne les moi, va te mettre au sec !
Elle ne se le fit pas répéter deux fois. Abandonnant les valises sur la chaussée boueuse, elle fit le tour du véhicule au pas de course et grimpa à l'intérieur. La porte claquée, elle pencha sa tête en arrière sur le siège et ferma les yeux. L'odeur de cuir la prit au nez presque violemment. Une odeur qu'elle ne connaissait que dans la voiture de Richard. Et avant aussi ... mais ici, c'était différent.
Elle rouvrit les yeux, et inspecta l'intérieur du pick up, les gouttes de pluie battant les vitres. Remarquablement propres, les sièges d'un beige crémeux étaient très confortables. Un attrapeur de rêves indien était suspendu au rétroviseur intérieur. Le volant en cuir lui aussi semblait vouloir montrer à tous que ce véhicule n'était pas à n'importe qui. En jetant un coup d'½il par la vitre donnant sur l'arrière, elle aperçu l'oncle qui achevait de nouer une bâche protectrice autour de ses énormes sacs. Soulagée, elle attendit qu'il la rejoigne, avec une légère appréhension, comme toujours lorsqu'elle ne savait pas à quoi s'attendre.
- Alors, tu as pris un coup de froid ? Demanda-t-il avec un léger sourire, sans la regarder.
- Non, ça va, j'ai fini par rentrer à l'intérieur, quand vous êtes arrivé.
- Tu, rectifia-t-il en démarrant.
- Pardon ?
- Tu, c'est-à-dire pas vous.
Elle le regarda, interdite.
- Je ne ...
- Je ne suis pas encore du troisième âge, et je suis un membre, certes éloigné, mais un membre tout de même, de ta famille, lança joyeusement l'oncle. Je m'accorde donc le privilège de me faire appeler « tu » et non pas « vous ». Tu vois ce que je veux dire ?
Elvire regarda la route un moment avant de répondre.
- Oui, parfaitement, répondit t'elle en lui souriant.
Elle appréciait déjà ce nouveau personnage. Elle s'enfonça plus confortablement dans son siège. Elle ne lui en voulait plus pour son retard, quelle qu'en soit la raison. Elle devait de toute façon être bonne.

Ils discutèrent aisément pendant la petite heure de trajet qu'il y avait entre l'aéroport de province et la « ferme » de Jack. Ils mirent tout les deux cette heure à profit : Jack fut plus que bavard sur ses origines, qui intriguaient Elvire, et il dévia ensuite sur sa ferme, qu'il appelait « ranch ». Elle apprit qu'il n'était ni américain ni anglais, mais juste né de parents non conventionnels. Il lui confia avec une grimace qu'il aurait tout aussi bien pu s'appeler Mohammed ou Victor, car ses parents avaient eu envie de lui donner un prénom tout sauf habituel. Pour son pays d'origine, bien entendu. Il vivait dans un ranch depuis qu'il était adolescent: il avait commencé très jeune comme aide dans le domaine d'un grand père fatigué, qui portait en lui la tristesse quotidienne de voir ses fils partir à la ville. Il avait été le miracle pour ce vieil homme qui ne pouvait plus élever ses chevaux seul. Il avait tout appris de lui, et monté sa propre affaire une fois son maître décédé. De nature joyeux et quelque peu tête brûlée, on avait du mal à lui donner un âge précis. Elvire le classa dans la catégorie des quarantenaires, après hésitation. Il parlait de ses animaux avec passion, et lui annonça d'un ton ravi qu'elle tombait en plein dans la saison du fameux festival, qui loin de n'être qu'un passe temps local, avait une réputation nationale et était une des fiertés du pays, bien qu'Elvire nota ne jamais en avoir entendu parler. Elle fut abasourdie d'apprendre que des tas de gens venaient au ranch de l'oncle Jack pour lui « emprunter » ses taureaux les plus vifs et les plus costauds, dans le but de les monter pour une épreuve de rodéo de plusieurs jours. C'était là son activité favorite : élever ses taureaux avec l'espoir que pendant les quelques années où ils soient empruntés, ils restent les préférés du festival. Il jouait énormément avec les croisements, guettait le moindre signe d'une puissance au-delà de la moyenne chez le petit et le transformait en une bête sauvage et vigoureuse.
- Mais je te le dit tout de suite, tu vas simplement avoir à nous aider aux préparatifs ; le festival ne commence que dans une semaine, on a donc tout notre temps; d'autant que ce n'est pas pour me vanter, mais comme chaque année, je prépare tout en avance. Au cas où je ne recevrais pas d'aide extérieure, tu vois.
- Vous ... Tu es seul dans ton ranch ? Demanda Elvire avec surprise.
- Oh non, non non non. Il y a toujours un ou deux petits jeunes qui viennent m'aider. Et puis, tu sais, j'ai des amis aussi, dit il en éclatant de rire. Il y en a toujours une petite équipe du coin pour m'assister. C'est que c'est du travail, tout de même. M'occuper de tout ça à moi tout seul, ça serait aussi fou que Hercule dans les écuries d'Augias ! Acheva-t-il en partant d'un rire tonitruant et communicatif. Elvire sourit, bien que sa blague ne la fasse pas vraiment rire.
- Combien êtes vous au total ? Je veux dire, en général ?
- Boarf. Une petite quarantaine ?
- Ah quand même ! Toute l'année ?
- Bof. Ça dépend des années, mais les constants, donc pas les variables, comme je les appelle, sont au moins une vingtaine. Donc je suis suffisamment entouré pour tout gérer correctement. L'arrivée d'une fille de la ville comme toi va nous changer, à nous; on a pas vraiment l'habitude d'apprendre aux nouveaux comment s'occuper de quoi. Mais tu m'as l'air douée, je sens que tu va aimer, dit il d'un air rusé.
Elvire n'en était pas si sûre.

# Online seit Montag, 04. August, 2008 um 10:43

Geändert am Montag, 04. August, 2008 um 11:00

Chapitre 3

Chapitre 3
Le ranch avait plus l'air d'une ferme de luxe que d'une écurie; vaste, sur deux étages, entouré de champs ondoyants sous le vent violent de l'orage, éclairé de partout et retentissant de rires gais. Par temps de pluie, les chevaux étaient restés dans les prés mais s'étaient protégés dans leurs petits abris de fortune. C'était les seuls animaux qu'elle puisse apercevoir; quels que soient les autres habitants de la ferme, ils étaient rentrés à cause du temps capricieux.
- Ne t'occupes pas des valises, j'vais chercher des gars, ça sera plus rapide ! Lui dit l'oncle avant d'ouvrir sa portière et de sauter allègrement dehors.
Elvire eu un frisson de fraîcheur, et le suivit. Ils coururent vers la porte principale, et quand Jack l'ouvrit, leurs narines se remplirent d'une odeur de viande grillée.
- Va manger un morceau, je te rejoins après ! Lui dit il.

Elle entra, et fut étonnée d'entendre au loin des rires et des discussions animées alors qu'elle n'avait devant elle que des animaux paisibles dans leurs stalles. Jack l'abandonna dès l'entrée et pris à gauche sans qu'elle le note. Elle passa lentement dans la rangée principale, en regardant les magnifiques bêtes qui mâchonnaient tranquillement leur ration du soir. Elle comprenait pourquoi Jack aimait son travail. En remarquant à quel point une simple vache qui, chez elle, n'était franchement pas le plus beau des animaux, avait ici une classe et une propreté incroyable, elle eut un regard admiratif et continua son chemin vers les bruits qu'elle entendait. Au fond de l'écurie, se trouvait une autre porte, plus petite, d'un bois brun magnifique.
Elle la poussa et tomba sur une pièce plongée dans le noir, où elle distinguait vaguement des escaliers. Ne laissant pas le temps nécessaire à ses yeux pour s'habituer à la soudaine pénombre, elle grimpa rapidement, ouvrit la trappe qui se trouvait au plafond et jeta un coup d'½il circulaire. Les bruits de conversation s'arrêtèrent dès qu'elle fit ce geste. Et elle pu voir que deux jeunes qu'elle aurait qualifié de son âge se tenaient dans la pièce, assis sur des matelas de fortune ou à même le sol. Ce même sol était recouvert d'une petite couche de poussière, ce qui la fit tousser et remettre la trappe en place. Elle toussait encore lorsqu'elle se rendit compte qu'elle les avait interrompus, et qu'ils avaient eu les yeux braqués sur elle. La jeune fille avait commencé à redescendre lorsque la trappe s'ouvrit d'un coup, et elle fut si éblouie par tant de lumière après avoir grimpé les escaliers dans le noir qu'elle ne vit pas qui s'adressait à elle.
- Attends, monte si tu veux !
- Non, non merci, Jack m'attends, je me suis juste perdue, je ne connais pas très bien encore ...
- Alors pour information, dit la voix masculine dont on devinait le visage souriant, ici c'est le quartier des jeunes, donc on est deux et il reste encore de la place pour quelques personnes. Tu ne sais pas où tu vas dormir ?
- Non, je ...
- Au fait, moi c'est Raphaël.
- Elvire, dit elle, surprise par le brusque changement de sujet.
- Enchanté, dit il d'une voix sincère.
Elle commençait à distinguer ses cheveux foncés, sûrement sales à cause de la journée passée à s'occuper des animaux. Sentant qu'elle l'observait, il hésita un moment, puis repris :
- Bon, tu vas monter nous rejoindre ou tu vas rester toute seule dans le noir ?
- Je vais aller rejoindre Jack, dit elle en hochant la tête. Merci pour le renseignement, finit elle avec un sourire.
Elle redescendit les marches précautionneusement, pendant que la trappe se refermait avec un craquement sourd, et repris son chemin en sens inverse. Les animaux paraissaient un peu plus agités. Elle marcha rapidement pour tourner sur sa droite, là où Jack avait pris à gauche. Elle tomba sur une autre porte, enfin une porte, c'est bien vite dit, corrigea-t-elle. Ce n'était qu'une arche, sans porte, à travers de laquelle elle apercevait plusieurs hommes et une femme, assis autour d'une table en bois. Elle s'avança timidement.
- Ah, te voilà ! Tu es déjà allée faire un tour chez les jeunes, dit moi ! Lança Jack avec son habituel sourire en coin.
Elle lui répondit de la même façon.
- Je voulais savoir où tu allait me faire dormir, dit elle, le même sourire aux lèvres.
Il éclata de rire.
- Mettre ma propre nièce, qui pour la première fois dans sa vie, me rend visite, avec un troupeau d'adolescents en rut dans une pièce qui sent le cigare, sur un matelas à même le sol ? Ma foi, l'idée est alléchante, ajouta-t-il, ce qui entraîna le rire de la petite assemblée.
- Plus sérieusement, tu as une chambre propre qui t'attends au rez-de-chaussée, dit doucement la seule femme du groupe. Avec un vrai lit, des aérations efficaces et le sol balayé, finit elle avec une petite tape dans le dos de Jack, assis devant elle.
Il lui sourit d'un air qui se voulait séducteur, et se tourna vers un blond, la trentaine, le coude négligemment posé sur la table.
- Boarf, le grenier, ça va l'endurcir, hein Jim ! Lança-t-il . Celui-ci confirma d'un signe de tête et ajouta qu'elle prendrait l'odeur que les animaux aimaient plus rapidement.
Ils reprirent leur rire et Jack finit par soupirer, comme s'il était un peu déçu par ce qu'il allait dire.
- On t'a mis tes valises dans ta chambre, tu peux y aller quand tu en as envie. Mais comme tu es allée faire un tour plutôt que de manger un morceau, on va d'abord régler ce problème.
Le dénommé Jim se leva, alla vers une cheminée que Elvire n'avais pas remarquée et sortit des braises un steak saignant et bien grillé. La jeune fille fut alléchée par l'odeur, et quand Jim le déposa sur une assiette blanche et lui tendit avec une paire de couverts dont on voyait qu'ils avaient vécu, elle le remercia et l'attaqua. Ils furent heureux de la voir manger avec appétit et reprirent leur discussion sur un poulain que Jim était en train de sevrer tardivement de sa mère. Elle les écoutait d'une oreille distraite, la fatigue gagnant du terrain plus son estomac se remplissait. Lorsqu'elle eu finit, Jack se frotta les mains et dit :
- Bien, maintenant, qu'Est-ce que tu veux faire ?
La femme, qui ne s'était pas encore présentée, le coupa :
- Je crois qu'après des heures d'avion, un bon steak et un nouvel environnement, Elvire préfèrerait aller se coucher plutôt que de passer des heures avec vous à bavarder sur je ne sais quel sujet.
Elvire lui sourit et réprima un bâillement. La femme lui fit un clin d'½il et se leva. Elle lui fit signe de la suivre et se dirigea vers le couloir sombre qui partait de cette pièce. Elvire remercia tout le monde, leur dit bonne nuit, et la suivit.
- Je ne t'ai pas donné, mon nom, j'y pense. Je suis Évelyne, la femme de Jack, et par prolongation la belle s½ur de Jim. Oui, ils ne se ressemblent pas, mais l'un a les traits de son père, l'autre de sa mère. C'est original. Tu as fait bon voyage ?
Cette question soudaine pinça fortement le c½ur d'Elvire, mais elle fit comme si de rien n'était.
- Oui, il n'y a pas eu de problèmes, répondit elle en se forçant à sourire.
Elle réprima une forte envie de devenir désagréable. Mais elle ne voulait pas tout gâcher maintenant. Il y aurait bien quelqu'un sur qui passer ses nerfs qui ne soit pas un être humain, pensa-t-elle en grinçant des dents.
Évelyne ouvrit une porte lorsqu'elles furent arrivés dans une pièce similaire à celle qui servait de salle à manger.
- Ta chambre, lui annonça-t-elle, une once de fierté dans la voix.
Elvire entra, et fut agréablement surprise de voir à quel point cette chambre était spacieuse. Un lit double - lui paraissant énorme - trônait au milieu, rembourré de coussins doux aux tons pastels. Une grande fenêtre encadrée par des fins rideaux blancs donnaient sur les prés, et sur la droite un immense armoire en bois noir accueillerait ses vêtements. Ses trois colossales valises étaient disposées à l'entrée. Évelyne lui montra la salle de bain adjacente, et lui annonça qu'elle pouvait aménager cette chambre comme elle le voulait, pour le temps qu'elle restait.
- Je ne suis là que quelques jours, après tout, répondit Elvire avec un sourire.
- Enfin, un mois, ce n'est pas que quelques jours ! Repris Evelyne, d'un ton surpris.
La jeune fille fut interloquée.
- Pardon ?
- Et bien, tu n'est pas censée rester un mois ? Demanda Evelyne en fronçant les sourcils. C'Est-ce que Jack m'a dit, après que Richard l'ai appelé.
La surprise se peignait sur le visage d'Elvire.
- Il doit y avoir une erreur. Richard m'avait dit quelques jours. Je n'ai pas de vêtements, ni ...
- On remédiera à tout cela plus tard, l'apaisa Évelyne en levant une main. Pour l'instant, dors bien et ne te préoccupe pas de tout ça. Je vais dire à Jack que tu viens d'apprendre où tu passerais le reste de tes vacances d'été, et on en parlera demain. D'accord ?
- ... D'accord. Merci pour tout , et bonne nuit.
- Je viendrais te réveiller demain matin, pas trop tôt, promis, termina Evelyne, souriante, en sortant de la chambre. Bonne nuit, ajouta-t-elle en sortant.

Elvire soupira. Quelle bonne surprise. Elle se passa la main dans les cheveux et se déshabilla lentement, ruminant des idées noires. Son sommeil fut, pour une fois depuis trop longtemps, calme et paisible.

# Online seit Montag, 04. August, 2008 um 11:16

Geändert am Montag, 04. August, 2008 um 12:19

Chapitre 4

Chapitre 4

Elle fut réveillée par des coups discrets frappés à sa porte. Comme ça lui arrivait depuis un certain temps, sa première pensée fut de se demander où elle se trouvait.
- Elvire?
- ... Oui ? Répondit elle en tâchant de donner à sa voix plus d'éveil qu'elle n'en possédait réellement.
- Je t'ai sauvé quelques bouts de pains de ci de là, dit Évelyne à travers la porte, et il reste un peu de thé encore chaud. Ne te presses pas, il n'est que 7h30, mais Jack a dit qu'il avait besoin de toi ce matin, termina-t-elle avec une note d'agacement.

Ouch. L'annonce de l'heure heurta la motivation dont la jeune fille s'apprêtait difficilement à faire preuve en sortant laborieusement un pied de son lit. Elle s'affaissa sur le matelas et regarda le plafond, qui d'un coup lui parut d'une beauté et objet d'une fascination sans égal.
- J'arrive, dit elle au bout d'un moment.
Elle entendit les pas d'Evelyne s'éloigner, et se décida à accélérer le rythme. Elle enfila un pull par-dessus son pyjama de petite fille - Un pyjama acheté à l'époque tellement grand qu'elle n'avait jamais rattrapé la taille supérieure, enfila une paire de chaussons moelleux trouvés dans l'armoire noire et sortit.
Elle aperçu Evelyne en train d'achever le nettoyage de la grande table de bois, avant de rentrer dans la salle commune. Avec un bonjour, elle s'installa devant le seul plat de tartines restant et soupira. Le manque d'appétit chronique était une des conséquences de son état moral catastrophique. Cependant, anticipant la lourde journée qui l'attendait, elle se força à les avaler et but quelques gorgées de thé tiède et parfumé. Son regard se perdit dans les brumes dorées du breuvage, et, sentant avec horreur la nostalgie l'envahir, elle le reposa brutalement sur la table. Quelques gouttes s'échappèrent du gobelet, et le bruit soudain alerta Evelyne, qui releva la tête, surprise.
- Quelque chose ne vas pas ? demanda t'elle d'une voix inquiète.
- Je me suis brûlée. Je vais m'habiller.
Le ton était sec et sans appel. Elvire quitta la salle commune d'un pas raide, laissant Evelyne songeuse. Celle-ci se dirigea vers le gobelet à moitié vide et y trempa son doigt. Bien entendu, la sensation éprouvée ne fit qu'augmenter son anxiété.

Une fois dans sa chambre, Elvire se doucha et fit sa toilette avec des gestes secs et précis. Elle ne se regarda pas une fois dans le miroir, laissant au petit bonheur la chance d'être bien coiffée. De toute manière, pensa-t-elle farouchement, pour une journée à traire les vaches et remuer le fumier, elle ne gagnait rien à bien se présenter. Elle enfila un jean, des tennis usagées et un pull chaud, par-dessus un Tshirt léger au cas où la température venait à monter dans l'après midi.
Elle sortit à la recherche de Jack, les mains dans les poches. S'enfonçant obstinément dans son mutisme, elle erra quelques longues minutes dans l'immense domaine. Finalement, elle suivit les bruits de discussion qui lui parvenaient d'un manège circulaire.
- Plus haut, aller Jim, plus haut ! Riait Jack, accoudé au bord du manège, un pied sur la barrière.
Elvire s'approcha, jusqu'à apercevoir la tignasse blonde d'un Jim drôlement ébouriffé, collés à un corps qui gesticulait avec une flexibilité insoupçonnée, lui-même soudé à une masse brune qu'elle identifia comme un jeune cheval en train de bondir frénétiquement dans les coins et recoins de la carrière. L'animal, furieux ou tout simplement gonflé par les restrictions qu'imposaient un cavalier, détendait son corps avec une telle souplesse que c'en était irréel. Elle réalisa que Jim ne tenait qu'à un cheveu sur cette monture du diable, tant dans sa façon de s'agripper désespérément à la selle que dans l'expression de son visage. Jack, lui, riait à gorge déployée à la vue de son petit frère ballotté de tout côtés. Elvire compris soudain que Jim aussi était un oncle qu'elle n'avait jamais vu auparavant. Elle se fit songeuse, se demandant vaguement pourquoi elle n'avait jamais entendu parler d'eux plus tôt.
L'interrompant dans sa maigre réflexion, Jack se tourna vers elle, et lui lança un « Tu as bien dormi ? » tonitruant. Elle lui répondit affirmativement d'un ton qui se voulait agréable, mais qui ne l'était pas du tout.
- Mouais. Bon, on va faire comme si, alors, dit il en souriant. Aller, viens, suis moi. J'ai quelque chose à te montrer.
En jetant un dernier regard sur son jeune oncle à cheval, elle ne put résister à la tentation de poser une question à Jack.
- Qu'Est-ce que faisait Jim, au juste ? demanda t'elle en tournant les talons.
- Ce que tu sauras faire à la fin de ton séjour ici, je l'espère, dit il avec son habituel sourire en coin. Sans blagues, ajouta-t-il en voyant le visage d' Elvire pâlir légèrement, il est en train de montrer à ce petit qui est le maître. C'est tout à son honneur, ceci dit, continua-t-il d'un ton bourru, cet étalon est son futur canassson. L'autre est mort il y a à peine quelques jours, paix à son âme. Il l'aimait tellement, qu'Evy et moi on a du le secouer de nos propres mains pour qu'il accepte de reprendre un peu du poil de la bête et de s'attaquer au dressage d'un nouveau compagnon. Il fallait le voir, ce petit, galoper fièrement, qu'il paraissait déjà séparé de sa mère. Et non, en fait. Ce matin, il n'était pas très heureux de voir débarquer Jim et sa selle, et encore moins quand il a essayé de lui mettre du cuir sur la frimousse. Il pensait qu'on lui ramenait sa mère, continua Jack en entrant d'un pas vif dans l'étable. Le pauvre. Pas une bonne surprise, hein. Il a dû comprendre, c'est pour ça qu'il n'en faisait qu'à sa tête tout à l'heure. Mais ça va se calmer, j'le connais, le petit. Jim va reprendre confiance, comme toujours, et le petit va arrêter son cirque et apprendre rapidement. Il est intelligent, celui là.

Ils arrivèrent dans une autre partie de l'étable, encore inconnue d'Elvire. Jack arrêta de parler, et la fit entrer dans une salle commune en tout point semblable à celle qui servait aux repas, mais où se trouvaient quelques jeunes qui bavardaient, assis sur les bancs qui cernaient une des tables de la pièce. Ils firent silence et se tournèrent vers Jack, attendant une parole de lui.
- Bien, je vous laisse vous présenter entre vous. À ce soir, Elvie, lança-t-il avec un clin d'½il.
Et il s'éloigna en sifflotant. Elvire se tourna vers eux, les deux jeunes qu'elle avait entraperçus hier soir, à travers la trappe d'une chambre poussiéreuse. Ils la détaillaient, sans méchanceté, avec une sorte d'attente dans le regard. Mais son humeur du matin ne s'était pas éclaircie, elle n'était donc pas résolue à leur adresser un quelconque mot de politesse. Celui qui avait parlé la veille au soir, à travers la trappe de leur chambre, Raphaël, était - il faut l'avouer, se dit t'elle avec un sourire intérieur - un mignon châtain clair à reflets plus foncés. Ses yeux noirs, pétillants, observaient consciencieusement le physique d'Elvire. Elle diagnostiqua immédiatement le dragueur invétéré, incapable de prolonger une relation plus d'une soirée. En revanche, son voisin l'intrigua fortement. Mais bien entendu, elle n'eut pas besoin de cacher cet intérêt soudain ; sa mauvaise humeur s'en chargeait toute seule.
- Et bien, nous c'est Gabriel, et Raphaël, annonça ce dernier, dont la voix rappelait effectivement quelque chose à Elvire. Elle leur répondit par pur principe, et pour ne pas paraître trop impolie. Après tout, elle savait qu'une - trop - mauvaise première impression ne risquait pas d'améliorer les choses pour le temps qu'ils allaient passer ensemble.
- Elvire. Enchantée, dit elle d'un ton froid.
Ils n'en tinrent pas compte. Ils lui firent une place sur un des bancs. Elle ne montrait par aucun signe extérieur qu'elle était heureuse d'être si bien accueillie, et se fichait éperdument qu'ils la jugent. Elle était très loin de tout ça. Ils reprirent leur discussion, dont le thème principal était la répartition des tâches pour la semaine à venir. Selon ce qu'elle entendait, Gabriel menait quelque peu leur duo, et il se chargeait de sortir les chevaux de temps à autre. Raphaël, lui, avait la charge des taureaux destinés au festival. Il les soignait, s'occupait d'eux et contrôlait leur état physique constamment. Le débat portait sur qui, de Gabriel ou de Raphaël, avait le plus besoin d'assistance ce matin. En effet, Elvire compris que les gars de Jack n'offraient qu'une aide limitée, et ils devaient donc prévoir à l'avance qui des deux aurait besoin d'assistance pour la journée. Les arguments de Raphaël finirent pas l'emporter, et c'est avec satisfaction qu'il quitta la table.
Lorsqu'ils furent seuls, Gabriel se tourna vers Elvire. C'est à ce moment qu'elle réalisa réellement la stupéfiante beauté de celui qui se trouvait devant elle. Ses yeux clairs et d'une profondeur incroyable, sa bouche comme dessinée finement au plus précis des pinceaux d'artistes; ses cheveux noirs en bataille et relativement longs, sa nuque puissante. Chaque trait de son visage, du plus tape à l'oeil au plus secret, reflétait une personnalité affable et agréable. Cependant, lorsqu'il entama la discussion, c'est avec une voix étonnement sèche qu'il lui parla.
- Bon, je suppose que tu ne connais pas tellement les lieux ni les habitudes. Alors je vais être le plus clair possible. Malgré ta grasse matinée de ce matin, nous, on se lève à 6h pour aider Jack et Jim dans leurs travaux matinaux; à 8h, on s'attelle à nos activités individuelles, c'est ce que tu viens d'entendre.
Il se leva, sans un regard pour elle. Elle, qui venait de se prendre une claque tant le contraste entre son physique et sa voix était frappant.
- Si tu veux bien m'accompagner pour aujourd'hui, je te présenterais un peu les lieux et les activités.
Refroidie, elle se leva à son tour et hocha la tête en signe d'assentiment. Ils quittèrent tout les deux la pièce. La journée promettait d'être longue, pensa Elvire avec noirceur.

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Geändert am Dienstag, 05. August, 2008 um 07:37